
Les familles Carrière et Pradal se sont succédées sur ce territoire languedocien depuis Napoléon III. Produisant d’abord leurs vins pour l’évêché jusqu’au début du XIXe siècle, elles ont travaillé ces terres exigeantes qui seront reconnues par l’appellation AOP Languedoc en 1980. C’est dans cet ancrage profond que le domaine a façonné son identité — et sa singularité.
La famille a toujours eu l’intuition des cépages. Dès les années 1940, la décision est prise de planter des hybrides résistants — un choix visionnaire pour l’époque, qui anticipe des enjeux que la viticulture mondiale ne découvrira que des décennies plus tard. Plus récemment, c’est la réintroduction de cépages autochtones comme le Picpoul Noir, le Morastel ou le Grenache Blanc qui a été entreprise.
Depuis plus de 40 ans, Catherine Carrière-Pradal a progressivement lancé un projet d’agroforesterie de grande envergure sur le domaine. Les vignes sont aujourd’hui entourées et ponctuées de haies qui créent des corridors agro-écologiques reliant les différents espaces sauvages du domaine — bois, mare, bandes enherbées. Ces zones permettent à une faune plus riche de réinvestir les espaces et contribuent à une lutte naturelle contre les maladies de la vigne. Outre la vigne, la famille cultive l’olivier, le grenadier et des chênes truffiers.
Les 60 hectares du domaine sont aujourd’hui entre les mains de la 7e génération, sur des terroirs en AOP Languedoc et IGP Pays d’Oc. Depuis 2021, Baptiste Carrière-Pradal conduit l’exploitation avec la même conviction environnementale que sa mère, prolongée par une dynamique commerciale nouvelle : la gamme Carrière-Pradal, lancée en 2017, compte des cuvées comme “Troglodytes” — médaillée d’argent en 2024 — ou “GCB”, médaillée d’or la même année. Des vins qui reflètent la diversité géologique et végétale d’un domaine résolument vivant.





